WORKING PROMESSE / BIENNALE INTERNATIONNALE DU DESIGN DE SAINT ETIENNE 2017

 

Exposition: IF AUTOMATICS …

Commissariat Eric FACHE

Assistante: Aurelie Richard

Scénographie: Studio G.U.I

 

AUTOMATES, AUTOMATISMES, AUTOMATISATIONS/READY TO WORK….WITH?

L’artificialisation du vivant, comme le rôle prépondérant de la technique, sont

connus de longue date comme « des clefs » de notre devenir humain. Si

aujourd’hui il nous est facile d’observer et d’expérimenter leur déploiement,

c’est qu’elles se sont répandues massivement dans un nombre, sans cesse

croissant, de nos actions au quotidien au point de les bouleverser. La création de

dispositifs artificiels, qui, de l’outil à la machine automatique, n’est pas une

donnée nouvelle, a jusqu’à présent été contenue dans un périmètre où la question

de l’autonomie des choses elles-mêmes ne se posait pas.

Nous sommes passés , brusquement, de l’idée de machines « réduites en esclavage

» à des machines et des dispositifs qui bouleversent la nature mêmes des

interactions qui nous lient à elles.

Ces artefacts soudain «augmentés » deviennent alors eux-mêmes porteurs d’une

qualité de questionnement «en retour » sur nos pratiques et notre appréhension

du monde.

Dans ce « second âge des machines », cette 3ème révolution industrielle, notre

délégation aux « machines » est passée à un stade exponentiel, exposant nos

automatismes, habitudes, routines mais aussi nos volontés et nos désirs au règne

du calcul prédictif.

Nous observons, cette fois en actes visibles, dans notre quotidien au travail, ces

artefacts qui dépassent le statut d’outils fonctionnels auquel nous les cantonions,

pour révéler leurs potentiels nouveaux à démentir leur assujettissement et offrir

à leur créateur présumé maître, la possibilité d’un regard nouveau sur ses propres

pratiques et plus largement sur son monde.

 

Ce nouveau regard que dévoile l’intelligence naissante des choses, nous amène à

reconsidérer le rapport de maîtrise exclusive que nous entretenions avec elles,

pour nous porter vers le mode plus plastique de la collaboration et de « la vie

avec».

“Nous sommes témoins; qu’avec les technologies intelligentes est en train de

naitre une forme d’operativité qui ne relève pas de la position du maitre et pour

laquelle nous proposons le nom d’homeotechnique” (Peter SLOTERDJIK / Régles

pour le parc humain / la domestication de l’être / édition Mille et une nuits /

Janvier 2000)

Nos craintes renouvellées d’un dépassement voire d’une inversion de l’ordre des

choses, jusqu’à la peur du remplacement, en viennent donc à se disputer

l’actualité de la relation homme machine avec une promotion zélée de la technique.

Ce débat s’est souvent joué sans jamais pour autant être tranché, de là à

imaginer qu’il puisse ne pas l’être ou qu’il ne faille qu’il le soit …. Cette fois les

interrogations qui semblent émerger, mettent en tension explicitement et pragmatiquement

notre rapport à la maîtrise, l’autonomie et l’émancipation.

Si cette révolution numérique se présente à la fois comme le remède et le poison,

(le Pharmakon chez Bernard Stiegler), cette exposition propose de mettre en

lumière cette oscillation inquiète, avec ses intermittences, sans parti pris de

technophobie ni de technophilie, qui caractérise les temps de transition.

 

 



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